J'aimerai crier " Fini de jouer " mais le mot jeu en lui même me brûle les timpants, m'écorche de toutes ses forces. Tout comme le mot attendre, bonheur, connard et amour aussi. Je me dis que je suis pitoyable, oui vraiment ridicule, et que je m'invente peut être toutes ces histoires, et que je m'inventerai même du chagrin, pour vivre, ressentir ce qu'est une émotion, moi qui suis vide. Oui vivre, quitte à vivre de mes larmes. Oui je me dis ça pour essayer de passer à autre chose, de plus simple et de plus beau. Ou je me dis que de toute manière je n'en veux pas des jolies choses. Et puisque je ne veux pas, il n'y a pas de dommage, de tanpis, il n'y a pas a être hantée par un désir de bonheur, il n'y a pas à pleurer, non il n'y a pas à être désolée. Juste à s'en vouloir à la limite. N'empêche que j'ai mal et même plus aucune force. Je n'arrive même plus à chanter ces paroles dont chaque mot me brûle la gorge, me rape les lèvres. Alors j'attends, j'attends que le temps passe. Sans rien faire. Statique putin jte dis. J'attends que quelqu'un vienne me sortir de mon chagrin, me reprenne ma douleur, me gave d'amour à en crever, me guide à chacun de mes pas et me donne la force d'avancer. J'en veux plus de cette vie, de ces idéaux et rêves en tout genre qui m'épuisent et me vident de ma force. J'en veux plus de la vie que je me force à construire à bout de bras, chaque jour à bout de force. J'envoie tout en l'air et je me fous de tout, plus rien ne me fait peur. Ou alors tout, oui tout plutôt, pour que j'ai si froid immobile. Alors je vais continuer ce jeu et ne jamais me retourner. Ne jamais plus regarder derrière moi. Je vais foncer dans le mur pour ne plus sentir la peur, pour ne plus sentir le mal, marcher plus vite pour ne plus sentir le froid. Je suis vidée chéri, vidée de sentiments, de forces, il ne me reste plus que de la rage, c'est drôle comme c'est devenu mon seul trésor. La rage est mon dernier amant. Et encore pour combien de temps ? Je crois que ce soir pour une fois je vais réussir à pleurer, sur ma vie, sur mon tout et mon rien à la fois. Oui en pleurer. Ou alors il faudra croire que je n'ai pas eu assez mal encore, oui que ca ne me fait pas encore assez mal. Tu as vu tu pourrais presque être fiere, car malgré tout mon chagrin je fais en sorte qu'il me serve, je fais en sorte de garder tête haute et de positiver.
